28 août 2009
Maintenant, je suis là...
Attention, j'ai déjà publié plusieurs articles...
Conclusion.
Oui, on y arrive "déjà". Je n'ai même pas pu faire le portrait de tous mes profs (en même temps, il y en a beaucoup qui auraient été ennuyeux à mourir...), ni vous expliquer comment je passais le temps quand j'étais au collège en ZEP, que les profs m'adoraient et que je m'ennuyais en cours parce qu'on faisait quinze fois les mêmes trucs (je vous assure, j'avais des activités passionantes !), ni ce que je ferais le jour où je serais ministre de l'éducation nationale (je mettrais la bonne humeur dans la liste des disciplines obligatoires). Ni le pourquoi du comment de mon adoration des maths, et du pourquoi je suis fachée avec l'allemand, pourquoi j'aime l'anglais mais que les profs d'anglais, ou je les adore, ou je ne les supporte pas. D'ailleurs c'est pareil avec les profs de physique-chimie. Ou j'adhère totalement à leur façon d'être et à leurs méthodes, ou j'ai du mal à me retenir de hurler. Mais on a pas le droit, alors je trouve un autre moyen de me défouler, genre dessiner jusqu'à ce que j'ai plus de crayon.
Mais passons. Quand j'ai commencé ce blog, en janvier, ça fait déjà quelques mois (depuis l'été précédent, en fait) que je lisais les blogs des profs, CPE et pions trouvés ou par hasard, ou au fil des liens proposés dans des blogs déjà lus. J'adorais. Je trouvais fascinant de voir "de l'autre côté du bureau", et, de nombreuses fois, j'ai eu envie de donner mon point de vue, de signaler qu'on est pas tous des imbéciles à 17 ans, qu'il y en a encore qui savent reconnaître un prof qui a envie d'enseigner et qui le fait bien, et qu'en général ceux-là sont reconnaissants. Et puis je trouvais certains d'entre vous assez formidables, je crois que j'admirais cet esprit et cette niaque face à un système stupide et à tout un paquet de problèmes.
Un matin de début janvier, donc, je me suis enfin décidée. Je sortais alors à peine (disons que j'avais passé le pire) d'une dépression qui durait depuis quelques mois et j'ai trouvé un nouvel endroit où écrire, mais, pour une fois, pas pour uniquement parler de moi ! Je m'y suis donc attelée, et j'y ai pris de plus en plus de plaisir, me demandant parfois pourquoi cet univers m'attirait tant.
Non, je n'ai jamais eu l'intention de faire prof. J'y ai pensé, à une époque, parce qu'HC m'en avait parlé, parce qu'il pensait que ça m'irait bien, que j'avais le caractère et les nerfs qui allaient avec. Je lui marmonnais que j'étais intéressée par la recherche et que l'enseignement, surtout pour faire apprendre des notions de niveau "basique", je m'en fichais un peu. Et puis, ces deux dernières années, je me suis trouvée à souvent aider d'abord des camarades de classes, puis des enfants et ados plus jeunes, donnant de temps en temps des cours particuliers dans plusieurs matières. Et, vous savez quoi ? J'adorais (et j'adore toujours !) ça. J'adore chercher ce qui coince dans le raisonnement d'un élève, dénicher la façon dont il raisonne pour m'adapter, prendre un crayon et faire des shémas, remettre en question mon propre point de vue, le voir progresser. Mais, face à une classe, on a pas le temps de s'attarder sur ce genre de chose, et pas moyen de faire 30 cours différents. Et puis, quand je vois que beaucoup font davantage de discipline et d'éducation que d'enseignement, j'avoue que ça ne me donne pas envie...
Et de toute façon, l'idée m'a passée. Je ne sais pas ce que je veux faire "plus tard", mais des sciences, c'est certain. Disons que si jamais je suis prise, dans deux/trois ans à l'ENS (rêvons un peu...), et qu'après, je parviens à obtenir une agrégation (rêvons encore plus !), je me tournerai peut être par là. On verra.
Toujours est-il que j'ai apprécié ces quelques mois en votre compagnie, que je continuerais à visiter vos blogs et à y laisser des commentaires. Je continuerais aussi à parler de mes aventures tumultueuses au sein de l'éducation nationale, je posterai le lien dans l'article suivant.
Bonne fin de vacances, surtout !
21 août 2009
Dynamique des classes.
Non, je ne compte pas vous parler de l'ascension sociale, de la vilaine société dans laquelle nous vivons ou de quelque chose comme ça.
Je trie en ce moment, pour laisser de la place aux cours qui vont venir s'empiler sur mes étagères d'ici 13 jours (oui !). Selon les anciens, en prépa ça rigole pas, on note beaucoup plus qu'avant. C'est normal.
Et bon, cette dernière heure, je suis repassée par tous mes cours de seconde. Et de maths-physique-chimie de quatrième/troisième.
Mes cours de quatrième, d'abord. La physique chimie, on voit que je n'aimais à l'époque ni la discipline, ni le prof : le cahier est empli de dessins. C'est très "lol", si je puis dire, parce que les dessins en questions sont de qualité très discutable. Bref, ça me fait bien sourire parce que si on m'avait dit à l'époque qu'en fin de terminale je choisirais d'aller dans une filière dans laquelle je ferais 7 heures de physique et 4 heures de chimie par semaine !
Les maths par contre, j'aimais déjà ça et ça se voit. J'ai déjà parlé du prof que j'avais cette année, monsieur P.. Le terrifiant monsieur P.. Mais si redoutablement efficace... Je pensais donc que le cahier de cette matière là serait mieux tenu. Et bien... En fait, oui. Les titres sont en couleurs, soulignés, les théorèmes encadrés. Un tas de feuilles volante dépasse mais j'ai toujours été désorganisée ! Sinon, je trouve que j'écrivais atrocement mal à cette époque. Je "cherchais" encore mon écriture d'aujourd'hui, mais je m'en rapprochais déjà pas mal. C'est presque mieux, en fait, presque plus lisible...
Mes cours de troisième, ensuite. Ceux de physique-chimie ne se sont pas améliorés (et pourtant j'ai changé de prof mais le courant passait toujours aussi mal !), au contraire, il manque des morceaux de cours, ça se voit. Celui de maths... Ressemble à un chantier. Sur certaines pages il y a du cours, des exemples, des théorèmes... Et sur d'autres, ce sont des phrases à retenir, des numéros de téléphones, des dessins (mon style s'améliorait déjà !), voire des nouvelles ou des morceaux de romans à écrire. Oui, déjà à l'époque, j'écrivais tout le temps, surtout quand ça me chantait... Il y a aussi de nombreuses parties de morpion, ou d'autres jeux dont j'étais adepte mais dont j'ignore le nom. J'ai même retrouvé une conversation entièrement manuscrite entre ma voisine et moi, le prof avait du nous interdire de parler !
Au milieu de ça, des devoirs. J'ai un sourire devant la façon dont je rédigeais les maths à l'époque ou devant les remarques des profs m'incitant à apprendre mes leçons. Je suis ravie devant une bonne note, je m'amuse des plus mauvaises.
J'ai aussi retrouvé mes cours d'anglais et d'allemand de cette année. Ils ressemblent aux autres, pleins de couleurs, mais peuplés par d'autres contrôles, et là encore, je m'amuse de la maladresse de mes phrases, de la (non)richesse de mon vocabulaire. De mes efforts pour rendre des copies méritant les meilleures notes. Je m'emplis de nostalgie, quoi.
Et puis je tombe sur mes carnets de correspondance (je les ais tous, depuis la sixième !). L'un est partiellement brûlé, celui de troisième. Pour fêter la fin du brevet, je m'en rappelle. Ils contiennent mes absences, mes retards, les preuves de mes oublis de livre, de mes quelques insolences, du mot refilé en douce à la voisine, des sorties, des passages à l'infirmerie, de l'écriture de mes profs. Le carnet de mon deuxième collège est d'ailleurs bien moins joli et fonctionnel que le premier. Et dans le premier, il y a une bien plus grande place laissée aux avertissement. Parce que nous étions en ZEP ?
Puis mes cahiers/classeurs de seconde. Les cours d'anglais, tout d'abord. J'adore ce prof, décidément. Les interrogations de cours sont très médiocres, les DS "bilan" avec rédaction particulièrement bien notés (ha, la belle époque où j'avais régulièrement des 20 en anglais !). Les cours de grammaire, sur le prétérit, les auxiliaires modaux ou la différence entre must et have to. Les textes, les extraits d'Agatha Christie commentés, les images, les BDs sans paroles, les commentaires et tout ce qui va avec... Je relis aussi certaines de mes rédactions avec plaisir. Cette année là, mon expression et mon vocabulaire avaient déjà fait un bond en avant...
Ceux de maths sont un beau bazar, comme ceux de l'année précédente. Paroles de chansons, morceaux de textes écrits sur le vif siègent au milieu des propriétés et de leurs démonstrations. Ceux d'allemand ne sont pas, tout simplement, parce que j'avais Melle G. cette année là. Ceux d'svt sont dans un cahier qui est parti très vite à la poubelle à la fin de l'année, je m'en rappelle encore...
Ceux de français m'émeuvent. Vraiment. J'avais vraiment, comme beaucoup d'autres, beaucoup d'affection pour la prof, et elle nous le rendait bien. Les cours du début de l'année sont soigneusement notés, et ça se dégrade au fur et à mesure, quand j'ai remarqué que je n'avais pas besoin de les prendre pour réussir. Plus on avance dans les pages et moins ça ressemble à des leçons de français... J'ai retrouvé un dossier que j'avais fait sur le 17eme siècle. Je me rappelle en avoir rédigé un deuxième pour un copain (le temps que ça m'avait pris...), contre des poèmes. Parce que cette prof adorait nous faire écrire des poèmes, qu'il était particulièrement doué pour ça et moi, pas du tout, je pouvais sécher des heures entières devant ma feuille. Je retrouve d'ailleurs quelques-uns de ces poèmes et je me rends compte de leur grande qualité.
Il y a ceux d'histoire-géo. Pris soigneusement, correctement ordonnés, rien à redire. Des notes qui s'étendent entre 8 et 15 pour les vrais DS, entre 15 et 20 pour les interrogations de cours. Oui, la tendance s'inverse !
Et enfin (le meilleur pour la fin !), mes cours de physique-chimie. Ceux d'HC. Si je m'écoutais, j'aurais tout sorti, j'aurais tout lu, ligne par ligne, j'aurais dévoré ses DS et leurs corrections, j'aurais refléchi de nouveau devant ses feuilles d'exercice. Mais je ne l'ai pas fait. Je sais que ces leçons sont courtes, je sais qu'elles sont très bien prises, je sais que les notes sont bien plus que correctes, les commentaires sur mes devoirs superbes et les exercices notés rapidement. Mais je ne l'ai pas fait, parce que sinon, j'y serais encore demain. Je jette aussi. Dans l'espoir d'avoir, l'année prochaine, un prof de physique qui me plaise...
A l'année à venir !
11 août 2009
La "prof-bouquin" (français, première)
Pour mon année de première S, on a attribué à ma classe un robot parlant.
Non, en fait, la prof de français était une véritable humaine, je crois. Elle venait tout juste d'arriver au lycée, et y est restée un an, je suppose donc qu'elle était TZR. Et sinon... J'avoue, aujourd'hui, je ne me souviens pas de son nom (alors que je me rappelle encore de celui de mes insituteurs de primaire...), c'est dire à quel point qu'elle m'a marquée en tant que personne.
Dès le premier cours, nous avons tous remarqué à quel point elle manquait d'enthousiasme. Certes nous étions en S, donc théoriquement pas très portés sur la littérature, mais (voir l'article sur la prof que j'ai eu en seconde, et qui nous a tous motivés) pour la majorité, nous étions à priori "bienveillants" envers le français. Nous n'adorions pas, mais la majorité de la classe était composée de lecteurs réguliers qui ne rechigneraient pas trop à se porter sur les lectures obligatoires.
Enfin, dès la première heure, donc, elle faisait la tête. Elle s'est adressée à nous d'une fois monocorde et sans envie particulière, comme un élève grincheux qui déclame une leçon. Elle avait aussi l'air particulièrement ennuyée, comme si elle aurait voulu n'importe quoi, sauf être ici, devant nous.
Pour sa façon de parler toujours monocorde, pour sa voix toujours égale, nous l'avons vite surnommée "la prof bouquin". Son visage était toujours, quoi qu'il arrive, impassible.
Lorsque nous avons commencé à nous agiter un peu (vu l'ennui qu'elle provoquait irrémédiablement chez nous, c'est venu assez vite...), elle nous demandait de nous calmer toujours avec la même voix, sans vraiment hausser le ton. Et puis elle a abandonné, parce que la classe restait quand même plutôt calme, tout au plus un brouhaha émanant du fond. Après tout, personne ne mettait le bazar, c'était plutôt un désintéressement général assez profond. Lorsqu'elle posait une question, demandait de la participation, quelques bonnes volontés participaient, toujours les trois-quatre même. Et les trois bacs blancs (en français, un par trimestre) ont été considérés avec un désinterêt et une indifférence totales.
Les plans pour l'oral de français ? Elle nous les a donnés, faisant son cours face à nous comme d'habitude, comme si nous n'étions pas vraiment là. Un cercle vicieux. Moins nous avions l'impression qu'elle s'adressait à nous, moins nous l'écoutions. Je ne sais pas si cela lui était égal, mais en tout cas, elle ne montrait aucune réaction. J'avais pris pour habitude d'écrire mes lettres pendant les heures de français, et comme elle se tenait en général debout à côté de moi, elle en avait parfaitement conscience. Mais j'étais une de ceux qui participaient, et elle voyait que j'avais un bout de son cours dans un coin de ma table, alors elle laissait faire...
Au bac de français, beaucoup d'entre nous se sont lamentablement plantés, surtout à l'oral. Pourquoi ? Parce que comme personne n'était "obligé" de suivre, une bonne partie de la classe n'avait pas noté les plans proposés par la prof pour les textes à l'oral, et nous étions très peu à avoir lu les lectures complémentaires (dont la connaissance est évaluée...). Enfin, ceux qui se sont débrouillés sont ceux qui ont écouté les cours toute l'année et qui ont pris la peine de travailler un peu à côté. Quant à l'écrit...
Nous avions acquis une bonne part des méthodes grâce aux devoirs fréquents, et l'écrit a été en majorité noté de la même façon que durant l'année. De façon peu glorieuse, en fait, mais tant pis.
Au final, cette année là, j'aurais lu Voyage au bout de la nuit de Ferdinand Céline et j'aurais récolté des notes très correctes au bac de français. J'aurais bénéficié de beaucoup de temps pour discuter avec mes voisins, pour dessiner et pour écrire. Mais je n'ai que peu de bons souvenirs de cette prof, et c'est surement dommage. Nous avons comptabilisé 4 sourires dans l'année.
02 août 2009
Petites curiosités du lycée d'où je viens.
Je suis certaine qu'en tant que prof, on ne visite pas l'établissement scolaire comme le fait un élève. Les coins interressants ne sont pas les mêmes : nous, on ne s'arrête pas aux salles de cours qui nous sont attribuées, à la salle des profs, à l'administration, à la cantine et à la vie scolaire. Oh, peut être qu'il existe aussi quelques barroudeurs parmi mes lecteurs, je n'en sais rien, mais vous avez surement manqué les coins mythiques de votre collège ou lycée.
Chez nous, plusieurs endroits valent le détour (et même s'ils n'étaient pas sur ma fiche, je les ai montrés avec explications quand j'étais guide aux journées portes-ouvertes). Déjà, notre lycée est constitué d'une sorte de "parc" avec des pelouses, plein d'arbres, des buissons, bref c'est plutôt joli et on en a conscience (si j'ai le temps à la rentrée, je me faufilerai pour vous faire des photos, mais oui, on a de la chance...). Au milieu de tout ça, des batiments, et bien sûr, deux des trois batiments de cours sont aux extremités du parc. Cinq à dix minutes à traverser lorsque l'on prend son temps et que l'on passe par le trajet le plus court, en gros. Mais passons.
L'un de ces deux batiments, le batiment D, est situé derrière les batiments d'internat (presque caché...), ce qui fait qu'on a l'impression qu'il est totalement perdu. D'ailleurs, la végétation qui l'entoure a tendance à être assez sauvage, tout comme les matières que l'on y enseigne (!). C'est dans ce batiment qu'ont lieu les cours technologiques, la philosophie, l'SES, le japonais et occasionnellement, d'autres langues. C'est aussi là qu'on lieu le bac blanc et les DS, parce que les salles (surtout celles du rez-de-chaussée) sont très grandes.
Mais elles ont une autre particularité : elles sont froides, et en mauvais état. D'ailleurs, tout le batiment semble à l'abandon, quand on s'y balade, mais on s'y fait vite. Les salles, donc, ne sont pas chauffées, ou très peu, probablement pour nous inciter à nous surpasser (réfléchir, ça réchauffe !) lors des devoirs sur table. Autre chose : la sonnerie y est plus stridente que n'importe où, à tel point que lorsque vous êtes en dessous, c'est assez insupportable. Voulez-vous savoir pourquoi ? Parce que dans les sous-sols du batiment D, c'est bien connu, vit le monstre du batiment D, un individu animal tout à fait innofensif (quoique ?), mais qui a régulièrement très faim (une fois toutes les 55 minutes, en fait), et qui, quand son estomac crie famine, hurle sa colère. Il est aussi dit que le monstre du batiment D se nourrit des restes de la cantine (donc non, nos fonds d'assiette ne sont pas perdus !).
Il faut également savoir que l'on peut facilement accéder aux sous-sols du batiment D : en dessous des escaliers se situe une trappe pas très grande, mais suffisamment pour laisser passer un élève, et qui n'est jamais fermée. Oui, comme la grande majorité des élèves qui quittent le lycée, j'y suis déjà allée : la chaudière, bien entendu, mais aussi l'antre du monstre du batiment D (on ne le voit jamais parce qu'il est timide, bien sûr).
En parlant de monstre, nous en avons deux autres au lycée : les dragons du CDI. Deux créatures vociférantes envers les élèves qui osent effectuer un pas de travers sur leur territoire. Il faut dire que le CDI, c'est encore un lieu mythique... En fait, nous sommes très privilégiés, notre lycée dispose d'un Chateau (prononcez avec une voix maniérée si possible). Oui, il s'appelle comme ça, c'est l'endroit duquel règnent le roi et la reine (le proviseur et la proviseur adjointe...). Le chateau, c'est le batiment de l'administration, et il faut l'avouer, il est assez beau. De l'exterieur, on peut apercevoir quelques jolies tourelles, et à l'intérieur, à vous les miroirs dignes de la galerie des glaces, les beaux parquets lambrissés, les fauteuils de cuir, les tables en verre et les grands escaliers de marbre ! (c'est toujours un plaisir d'aller déposer son chèque pour la cantine...). Le chateau abrite également les courtisans (les profs, oui...) dans une enfilade de plusieurs sales au parquet vernis (pour y être déjà passée plusieurs fois...).
En dessous du chateau se trouve le CDI, enterré donc. Pour y accéder, vous devez passer par des escaliers ou une rampe extérieures, ce qui s'apparente assez bien, en fait, à des douves. Et dans les douves, pour protéger le roi et la reine, siègent, si l'on suit la logique... Les dragons !
J'ignore si certains s'en souviennent, mais le dernier jour du bac, nous avions pique-niqué sur la terrasse des professeurs. En fait, cette terrasse couvre la moitié du CDI (l'autre moitié étant couverte par le reste du Chateau), et elle donne directement sur les bureaux du roi, de la reine et sur la salle des courtisans. Avec de belles fenetres et porte-fenetres en plus. Et des tables de jardin. Bref, le roi et la reine peuvent déjeuner avec une vue sur leurs sujets s'ils le souhaitent.
Le chateau, avec la terrasse des profs devant, et le CDI en dessous, avec ses grandes baies vitrées...
Un autre batiment est interressant, c'est le batiment A, dans lequel se déroulent les cours d'histoire-géographie (oui, un batiment pour eux tous seuls, qu'ils ont de la chance les profs d'histoire-géo !). Ce batiment a été construit en deux parties, donc si vous avez cours à l'étage, il faut éviter de se tromper d'escalier... Il a plusieurs entrées, de très jolies toilettes (qui sentent très mauvais) avec des beaux lavabos en faux marbre et des grands miroirs, et du beau carrelage. Sinon, oui, il est très bizarrement fait.
Ce n'est pas un batiment de cours, en fait, au départ. Là, vous aurez droit aux escaliers tournants en pierre, avec une rampe plus large que votre propre main, et aux salles tellement grandes que vous n'arrivez pas à compter combien il y a de rangs (des salles d'examen...). Une soixantaine, à ce que j'ai entendu dire. Mais le batiment A renferme un secret : la salle cachée !
La salle cachée, ou salle A 107, est une salle que tous les nouveaux élèves (donc les classes de seconde...) ont beaucoup de mal à trouver. Pour l'atteindre, il faut en effet passer par le couloir des salles A 001 A 007, et non pas par le côté des autres salles A 101, A 102... (je vous ai dit qu'il fallait bien choisir son escalier !). Bon, il faut traverser le couloir jusqu'au fond, et on a l'impression d'atterir dans un cul de sac, mais... En fait, au fond du couloir et pas du tout dans l'angle de vue d'arrivée, se trouve un panneau qui indique la direction de la salle A 107. Vous êtes donc sur le bon chemin, mais le périple n'est pas terminé !
En effet, une fois ouverte la porte (également camouflée par l'angle de vue d'arrivée...), vous déboulez dans une petite salle noire avec peu d'éclairage et aucune fenêtre, laquelle a quatre ouvertures. La première sur un minuscule cabinet de toilettes, la deuxième sur une classe de classe pouvant contenir sept ou huit élèves, la troisième sur ce qui semble être un vestiaire, et la quatrième... Sur un escalier tournant en pierre !
Là, aucune indication, alors vous vous dirigez vers l'escalier en pierre. Il descend vers une espèce de cave que vous apercevez, donc vous ne vous y risquez pas et choisissez de monter. Le premier étage arrive sur un pallier à porte fermée, que vous ne cherchez pas à ouvrir, par curiosité, vous allez voir ce qu'il y a au deuxieme. Au deuxieme, donc... Rien du tout ! L'escalier déboule sur un petit carré de deux mètres de côté, contenant du matériel de ménage (balais, produits, etc...). Vous redescendez donc au premier étage, et ouvrez la porte.
Porte qui donne sur une petite salle fermée, sans fenêtres, pas très grande. Une classe entière tient à peine debout... Mais dans cette salle, deux autres portes ! La première est fermée (elle donne en fait sur les "appartements" des divers élèves stagiaires étrangers du lycée, et contient un piano que nous entendons parfois pendant les cours...), et la seconde... Oh miracle, c'est bien la salle A 107 ! Cette salle ne comportait il y a trois ans aucune fenêtre, sinon quelques petites ouvertures très haut placées, et elle a été refaite un été : aussi, depuis deux ans, deux des côtés sont des très grandes fenêtres, et on ne voit que les feuilles des arbres autour (c'est un véritable plaisir de travailler dedans, quand on voit un écureuil à à peine quatre mètres...). Oui, la salle vaut le détour, d'autant plus lorsque quelqu'un joue du piano à côté. D'ailleurs, comme le fait que quelqu'un joue du piano alors que la porte de l'appartement était fermée à clé nous paraissait étrange, nous avons décrété que la salle cachée était hantée. Le fantome de la salle A107 est donc un pianiste, logique, et il nous récompense pour le périple que nous avons accompli afin de dénicher la salle...
Je suppose que les mythes changent un peu avec les générations. L'appellation "Chateau" est "officielle", c'est à dire utilisée par tout le monde (on ne dit pas qu'on était à l'administration, mais au chateau...). Les dragons du CDI sont relativement connus, et tous ceux qui ont un jour eu cours dans la salle A107 savent à quel point elle est difficile à trouver lorsqu'on ne sait pas exactement où elle se situe (d'ailleurs, vous pouvez vous faire tout le premier étage du batiment A, vous ne la trouverez pas, puisque ce n'est pas le bon escalier...). Le monstre du batiment D et le fantome de la salle cachée n'appartiennent peut être qu'à ma promotion, je l'ignore, mais je n'ai aucun doute sur le fait que les suivants auront tout autant d'imagination...
27 juillet 2009
Paxel et Tölgy (6)
26 juillet 2009
De l'exercice de la rédaction au fil des ans.
Alors que j'étais en train de flirter délicieusement avec Emile Zola (l'un de mes trois grands amis de l'été, prépa oblige...), mon esprit a dérivé sur les exercices de dissertation que j'aurais à faire cette année.
J'ignore si vous savez à quoi ressemble une dissertation de français/philo/littérature d'un élève de prépa scientifique. A vrai dire, je n'en sais que ce que l'on m'a raconté, mais tous les élèves français (et pas seulement les scientifiques !) ont en commun un thème et trois livres chaque année (le thème de l'année 2009/2010 est l'argent, voir ici pour davantage de précisions...). Le sujet est une dissertation portant donc sur ce thème et la réponse doit être agrémentée d'arguments et de citations (très importantes, les citations, parait-il !) provenant exclusivement (ou presque) de ces trois oeuvres. Un peu déroutant, non ?
En fait, en matière de rédaction/dissertation, j'ai l'impression que l'on m'apprends une nouvelle méthode tous les deux/trois ans pour me la désapprendre ensuite et m'en donner une autre, et j'ai du mal à comprendre à quoi ça rime...
Je m'explique : en primaire, nous avons tous gouté aux rédactions dans lesquelles nous racontions allégremment notre vie, ou alors une histoire quelconque. Donc, quand on rédigeait, c'était toujours de la narration. Jusqu'ici, pas de problème, je vois mal comment on pourrait demander à un élève de 9 ans ce qu'est le bonheur (quoique, essayons un jour, je suis certaine que les résultats ne manqueront pas d'interêt !).
Nous sommes ensuite passés au collège, avec, en sixième comme en cinquième, encore un lot de narration et compagnie. Le champ s'est progressivement élargi pour laisser de la place aux diverses suites de textes, adaptations, réécritures et lettres. Toujours aucun problème. En LV1, on commence gentimment à nous demander d'écrire de petits textes n'allant en général pas bien loin, et encore, les seules rédactions en anglais que j'ai faites avant la quatrième étaient en séjour linguistique (non scolaire !) pendant lequel nous devions, en guise de devoirs, rédiger tous les soirs un résumé de notre journée ainsi que de notre soirée. Pas bien compliqué, mais demandant déjà une certaine gymnastique à acquerir.
Vient ensuite le passage le passage en quatrième, et là, on complique les choses : en effet, les rédactions en français ne changent pas beaucoup, celles en langues prennent de l'importance (en longueur aussi bien qu'en difficulté). Tout cela paraît être dans une logique de progression, mais en même temps, en histoire-géographie, on est initié au "paragraphe argumenté". Association un peu étrange de mot, exercice très différent de ce à quoi on a l'habitude.
Parce que pour la première fois, comme le nom l'indique, il faut argumenter. Mais attention, pas n'importe comment. L'élève se doit d'écrire un paragraphe d'environ une page, comportant une petite phrase d'introduction, une autre de conclusion et, entre les deux, deux idées contradictoires à développer. Pourquoi pas.
Il s'agit de répondre au sujet directement, sans vraiment chercher à l'interpréter. Souvent, on étudie des documents avant et on nous demande d'en parler, sans oublier le cours. En fait, l'exercice consiste surtout à ressortir son cours et à éviter le hors sujet, du moins en histoire-géographie... En Education civique, on peut éventuellement se permettre une véritable argumentation (je me rappelle l'avoir fait au brevet blanc puis au brevet et cela semble très bien vu), mais il faut faire très attention aux digressions. L'objectif est donc triple : il faut d'abord connaître son cours, puis savoir en sélectionner les éléments qui permettent de répondre au sujet, pour enfin s'exprimer clairement et correctement, de manière organisée. Pas si facile quand on a pas l'habitude ! Et d'ailleurs, c'est pour cela que l'on commence à travailler le paragraphe argumenté en quatrième pour le brevet, mais je me rappelle avoir trouvé l'exercice vraiment très déroutant au début, et j'ai mis assez longtemps à comprendre ce que l'on attendait de moi... Lorsque j'ai fini par m'améliorer, c'était parce que je suivais le conseil de ma prof de troisième qui nous répétait de placer un mot de liaison (mais, notamment, c'est pourquoi, néanmoins...) toutes les deux à trois phrases. On a l'impression d'être lourd, au début, mais on apprend ainsi à se structurer et à faire apparaitre les connections logiques entre ses idées.
Au brevet des collèges, on nous demande donc d'un côté de nous débrouiller en narration (en français), et de l'autre de répondre de façon organisée à une question de cours (histoire-géographie puis éducation civique).
Passons au lycée (encore et encore, je conserve uniquement le point de vue des filières générales puisque je n'ai aucune idée de la façon dont les choses se passent à côté...).
En seconde, les rédactions en langues se font nettement plus élaborées. Là où on avait du mal à aligner 80 mots, il faut soudain en faire 200. Et les sujets changent : la narration pure et simple (parler de soi, assez facile en fait puisque l'inspiration vient bien plus vite !) change en sujets d'argumentation, ou alors en suites de texte, plus rarement des lettres et des dialogues. L'apprentissage du débat dans une autre langue n'est pas forcément une mince affaire : il faut non seulement organiser ses idées et les exprimer, mais aussi trouver, dénicher des mots de liaison, apprendre à rédiger une introduction et une conclusion un peu plus longues...
En français, ce n'est pas une mince affaire puisque l'on doit tout d'un coup apprendre deux nouvelles choses : le commentaire composé et la dissertation. Le commentaire composé consiste à analyser un texte en le "disséquant", et en allant chercher des interpretations dans ses matières premières : les mots et les phrases. On part donc à la recherche des champs lexicaux, des figures de style et des originalités grammaticales, pour en faire une analyse plus ou moins détaillée.
J'ai mis très longtemps (jusqu'en milieu de première) à réussir à bien comprendre l'objectif de cet exercice. Pour moi, il n'avait aucune logique, aucun sens, aucune raison d'être. Je ne voyais pas l'interêt de disséquer un texte pour en retirer quelque chose que l'on sentait en lisant un peu entre les lignes, et j'ai fini par comprendre que justement, l'interêt, c'était de savoir pourquoi on avait cette impression en lisant, pourquoi notre cerveau l'interpretait comme ça (par exemple, on peut penser de façon fugitive à une bataille en lisant la description d'une dispute. Ca s'explique si l'on trouve de nombreuses injonctions, des phrases courtes, le champ lexical de la guerre, du sang, de la blessure...). Il faut réussir à trouver la problématique de son commentaire, et si maintenant cela me parait évident, je n'y arrivais pas du tout au début... L'exercice part aussi d'un postulat que l'on ne m'a jamais énoncé clairement : le fait que si l'auteur écrit en utilisant un mot et pas celui là, ou si, dans un poème, il a choisi de faire un vers plus court que le précédent, ce n'est pas par hasard, ni par facilité ou par praticité, c'est qu'il a une raison de le faire par rapport au texte. Et ça, j'ai fini par le comprendre en écrivant moi-même...
Je n'ai donc jamais maitrisé le commentaire composé puisque j'ai compris ce qu'on y attendait assez tard dans l'année de première, et que je travaillais alors un exercice que j'avais de toute façon prévu de choisir au bac de français : la dissertation. Mot utilisé à tords et à travers, pour tout et n'importe quoi.
La dissertation de seconde/première consiste en une question, formulée plus ou moins explicitement, à laquelle il faut répondre. Une introduction, une conclusion solides et un plan bien organisé sont demandés, tout comme pour le commentaire composé, mais l'exercice parait beaucoup plus difficile à de nombreux élèves puisque l'on a pas de support (en commentaire, on a toujours le texte sous les yeux...) mis à part sa tête. Parce que la dissertation concerne la littérature (exemple : "la tâche du romancier est-elle d'imiter le réel ?"), que ce soit le roman, le théâtre, l'essai, le poème... Et que l'on doit appuyer tous ses arguments par des exemples tirés de sa propre culture. Bien entendu, les lectures jeunesses sont proscrites, tout comme le genre fantastique (allez savoir pourquoi...) et la bande dessinée. Pour réussir une bonne dissertation, on considère donc qu'il faut avoir lu un peu de littérature "classique", avoir une très bonne culture générale.
En fait, étant une grande lectrice, je trouvais ça relativement facile et j'avais souvent bien trop d'exemples, mais il n'y a pas forcément besoin d'avoir lu tout ce dont on parle. J'aime beaucoup, par exemple, Tracy Chevalier, et je parvenais à la placer assez souvent. A côté de ça, j'ai eu droit, comme beaucoup d'élèves, à la lecture d'un bon nombre de pièces de Molière, et Molière est plaçable dans pratiquement tous les sujets sur le théâtre. A côté de ça, j'avais lu les résumés sur Wikipédia de quelques grands classiques comme Germinal, Le Rouge et le Noir ou Madame Bovary. Ces trois là... J'avoue, je les ai donnés à toutes les sauces, mais ça fonctionnait toujours très bien.
Bref, la dissertation, j'ai adoré, ça m'éclatait. Vraiment. Je trouvais ça particulièrement interressant, mais je me suis vite rendue compte qu'en fait, la différence entre une note moyenne et bonne, ou entre une bonne et très bonne, se fait au degré d'étalage de culture. Là, hélas, pas de modération à avoir : plus on montre qu'on a lu, mieux c'est ! Je me suis donc retrouvée, aux devoirs comme au bac, à présenter ce qui me semblait être des listes de livres et d'auteurs... Mais ça marchait.
A côté de ça, on découvre deux choses en histoire-géographie. Premièrement, la synthèse. Il s'agit d'un exercice approchant beaucoup du paragraphe argumenté du collège, mais en un peu plus long et plus complexe. Là, il faut faire bien attention à ne pas trop s'attarder sur une introduction et une conclusion trop longues (alors qu'en français, on nous demande des entrées et sorties bien expliquées, donc très différentes !), mais aussi à sortir au moins autant d'informations de son cours ("connaissances personnelles") que des documents que l'on aura du étudier avant.
Ensuite, la composition, plus proche de la dissertation de français. Le sujet peut être très vaste et pour bien y répondre, rien ne vaut un apprentissage pointilleux du cours : en seconde comme en première, la notation se fait surtout à la pertinence de la problématique et du plan, mais en terminale, on a tout interêt à connaître la période/la zone géographique dont on parle sur le bout des doigts ! Là, j'ai très bien réussi jusqu'à cette année, puis j'ai stagné à 11/12 toute la terminale pour une raison simple : je n'arrive pas à bien retenir les dates, ni les enchainements des évenements, et mes compositions sont trop floues. Un plan très correct, mais pas grand chose à l'interieur.
A côté, pour les S (et les ES aussi, je crois...), un nouvel exercice apparait en SVT : les sujets de cours. Ils consistent en une question (par exemple, "Expliquez comment l'ovulation est commandée par les hormones et décrivez l'effet des différentes pillules contraceptives") dont le plan (toujours deux grandes parties) est donné. Là, pas de secret : encore une fois, seule la connaissance du cours peut permettre de répondre. Il est demandé de faire une introduction claire mais brève, et d'afficher clairement son plan (avant la première partie, on écrit le nom de sa première partie et on souligne...), ce qui est totalement proscrit dans tous les autres exercices de rédactions où l'on donne parfois son plan dans l'introduction, mais où il doit rester "non affiché" ensuite. La réponse doit être agrémentée du maximum de shémas et dessins possibles, les correcteurs apprécient.
La difficulté du sujet de cours d'SVT réside surtout dans l'apprentissage du cours, puis dans la capacité à s'exprimer clairement. Pas de problématisation demandée (elle est donnée texto dans le sujet !), pas de plan à chercher, mais il faut savoir mettre en évidence des liens logiques.
Enfin vient l'année de terminale, et avec elle la philosophie. A nouvelle matière, nouveaux exercices d'écriture.
Le commentaire de texte, d'abord. Commenter un texte philosophique n'a absolument rien à voir avec un commentaire composé de français, et c'est particulièrement déroutant. En effet, là, on ne cherche pas à démontrer que l'on a compris le texte (d'ailleurs, parfois, on ne l'a pas compris...), mais plutôt que l'on en a trouvé les conséquences implicites philosophiquement parlant. Pas facile. Je vous avoue que je n'ai jamais vraiment réussi cet exercice, n'arrivant jamais à problématiser correctement le texte. Là, problématiser le texte consiste à se demander à quelle question philosophique l'auteur a voulu répondre en écrivant. Donc, s'il parle des bienfaits du travail en prison, la problématique peut très bien n'avoir qu'un rapport lointain avec le travail et/ou la prison... Trop déroutant pour moi, d'autant plus que l'on doit citer d'autres auteurs dans son argumentation (ceux qui sont en accord ou non avec les théories énoncées implicitement dans le texte...).
Et puis, la dissertation, bien différente de celle du français. Il s'agit d'abord de réussir à problématiser le sujet (donc à chercher une autre question. Une des problématisations possibles pour "Connaît-on mieux les autres que soi-même ?" est "Qu'est-ce que connaître quelqu'un ?"). Il faut ensuite organiser un plan, trouver des idées pour y répondre, aller chercher des références, des citations, chez des auteurs et des philosophes. Citer une oeuvre d'art (qu'il s'agisse de danse, de peinture, de musique, de cinéma...) est plutôt bien vu dans un sujet sur l'art, mais il faut éviter de parler, quel que soit le sujet, de littérature non philosophique. Je n'ai hélas pas suffisamment de recul pour en parler davantage, mais cet exercice m'a aussi paru très déroutant et, sur le coup, sans aucun rapport avec ce que j'avais fait avant.
A côté, en histoire-géographie et en SVT, les exercices restent les mêmes. Les L ont des dissertations à faire sur une oeuvre en particulier en cours de littérature, les ES ont le même genre d'exercice en Sciences économiques et Sociales qu'en Histoire-géo. Et nous, les S, on se rend compte que la rédaction mathématique approche énormément tout ce qu'on a vu dans les matières littéraires. Le plan se fait obligatoire, bien que souvent implicite. Introduction ("ce que je sais" et "ce que je veux démontrer"), développement ("j'ai ça, donc ça, ce qui implique ça...") puis conclusion ("J'ai réussi à démontrer ce que je voulais"). Savoir rédiger en lettres m'a beaucoup aidée dans mes plans de démonstration en mathématiques, et vice-versa : c'est après avoir corrigé un gros défaut de rédaction que j'avais en maths (confondre implication et équivalence, c'est dangereux !) que j'ai vu mes notes s'améliorer en philosophie.
Comme quoi, en fait, toutes les matières sont très liées de part leur rédaction. La façon dont on argumente en français aide à construire des raisonnements en langue, en histoire et autre part... J'avais, en commençant à écrire, tout à l'heure, l'impression que tous ces exercices de rédaction n'avaient aucun rapport entre eux, et que l'on passait du coq à l'âne, mais finalement... Jusqu'à l'année dernière, j'y vois un déroulement progressif. J'ai juste beaucoup de mal à recadrer ce qu'on a fait en philosophie dans la continuité, mais je suppose que ça viendra avec le recul et les années...
20 juillet 2009
Qu'est-ce qu'il faut pas faire pour satisfaire les lecteurs...
Je jette encore régulièrement des coups d'oeil dans les mots clés qui font arriver à mon blog. D'habitude, des détails sympas mais qui ne méritent pas de faire un article, mais ces derniers jours, un "ami" est revenu :
"faire l'amour avec sa prof de français".
(je précise que la dernière fois, c'était "comment faire l'amour avec une prof de français".
Il y en a un autre tout aussi amusant, "elle lui fait un strip a son eleve parce que il a bien travailelr"
Alors, pour ce second, si on exclut la faute de frappe et celle de conjugaison, ainsi que le fait que la phrase soit un peu syntaxiquement maladroite, c'est aussi très interressant. Et comme Leroiprof me l'avait suggeré sur le dernier article, puisque ce genre de sujet semble passioner les foules, je vais m'y atteler. Si, bien sûr, dès ce soir !
Commençons par le point le plus vieux.
"Comment faire l'amour avec une prof de français ?"
Alors, que je vous explique. Une prof de français est, selon mes conjectures et mes quelques recherches (qui vont dans le sens de mes hypothèses !), constituée physionomiquement comme les autres femmes. Bon, je vous l'accorde, elle porte souvent des lunettes parce que ses yeux s'abiment plus vite que la moyenne, elle a les mains et les poignets enflés à force d'écrire, elle a les sourcils éternellement froncés (à cause des fautes d'orthographe qu'on trouve partout...), mais du "côté" qui nous interresse pour répondre à la question, elle me paraît être très semblable aux autres.
Donc, pour faire l'amour à une prof de français, débrouillez-vous comme si elle n'était pas prof de français ! (personnellement, je n'ai jamais essayé, et d'ailleurs l'idée ne m'a jamais réellement traversé l'esprit. Si vous avez des témoignagnes allant dans le sens ou réfutant ma théorie, faites-m'en part...)
Ce point étant résolu, passons au suivant.
"faire l'amour avec SA prof de français"
Bon, là nous sortons du côté technique de la chose. D'abord, sachez qu'il est fort possible que la prof de français ne soit pas d'accord, et ce pour plusieurs raisons.
- Premièrement, il se trouve que légalement, elle a autorité sur vous (c'est dû à sa fonction de prof, par définition...) et qu'il lui est interdit d'avoir de telles relations avec vous. Quand vous ne serez plus son élève (changez d'établissement scolaire !), pourquoi pas.
- Deuxièmement, si vous êtes mineur, elle n'a pas le droit non plus. Il va falloir attendre d'avoir 18 ans pour avoir enfin accès à ce privilège.
- Troisièmement, il est fort possible qu'elle soit mariée, ai des enfants, ou qu'elle soit totalement libertine, enfin que sais-je ? En tout cas, elle a probablement déjà un partenaire de ce côté, et si vraiment elle était desespérée, elle chercherait à mon avis d'abord du côté de ses collègues et des surveillants avant de songer à ses élèves.
Ensuite, maintenant que nous avons vu qu'il y a peu de probabilité pour que la chose se produise, voyons à quoi cela ressemble. L'action est interressante du point de vue que vous pouvez voir votre moyenne augmenter (ou baisser !) subitement après, c'est à voir.
Si jamais quelqu'un essaie, j'aimerais savoir si pendant l'acte, une prof de français fait des allitérations, des syllogismes, des métonymies ou d'autres figures de style. J'aimerais aussi savoir si elle invoque Zola, Plaute et Molière (ou d'autres ?).
Passons au point suivant... En version "français", elle donne :
"Elle fait un strip-tease à son élève parce qu'il a bien travaillé !"
Tiens, j'aimerais bien voir ça. Je suis sûre que les élèves travailleraient nettement mieux si tous les profs faisaient des strip teases aux premiers (quoique, quand on voit certains, je ne préfère pas imaginer. Comme précisé au dessus, un prof est constitué de la même manière qu'un autre être humain). Enfin, je ne suis pas sûre que ça soit leur fonction première (ni secondaire, d'ailleurs !).
Bref, je pense qu'il n'est pas très facile d'obtenir d'un prof une telle chose. Si quelqu'un a envie d'essayer, pourquoi pas, là encore je serais heureuse d'avoir des témoignages !
Après avoir résolu (ou du moins, évoqué...) ces graves problèmes, je vous souhaite de bonnes vacances...
17 juillet 2009
Réponse à un mail.
J'ai reçu, il y a quelques jours, un mail par l'intermédiaire de ce blog, que l'auteur m'a autorisé à publier. Je vous transmet également ma réponse :
Bonjour Ju',
En premier lieu, félicitations pour votre mention au bac et votre blog, que je suis avec plaisir depuis quelques mois. Je suis moi même prof d' SVT dans un collège du sud de la France et c'est toujours intéressant d'avoir le point de vue d'élèves et d'étudiants (plus encore quand ils subissent notre cours !).
Je vous envoie ce mail pour vous poser deux questions. Premièrement, j'ai cru comprendre, à travers la lecture de vos articles, que vous ressentez une certaine aversion pour la SVT. Cela est-il dû à des professeurs antérieurs, à un manque d'intérêt pour la biologie et la géologie ou est-ce autre chose qui n'a rien à voir ? Je ne souhaite pas de réponse détaillée, mais je vois passer de plus en plus d'élèves qui semblent dégoutés par la biologie et je m'interroge.
Ensuite, je voulais savoir si vous aviez un bilan personnel de vos professeurs de collège et lycée. En gardez-vous plus de bons souvenirs que de mauvais ? Majoritairement, comment qualifierez-vous ceux que vous avez eu ?
J'ai dans l'espoir d'obtenir une réponse de votre part, merci d'avoir pris le temps de me lire,
Patrice D.
Patrice,
D'abord, je vous remercie pour votre lecture régulière. Je m'avoue être toujours étonnée d'être aussi lue, parfois...
Ensuite...
Pour votre première question, oui, j'ai eu deux professeurs (en quatrième et troisième) qui m'ont donné une image terriblement désagréable des cours de SVT, et donc, par conséquence, de la matière qu'ils enseignaient. C'est dommage, mais lorsque l'on apprend à découvrir une nouvelle discipline (je dirais, donc, pendant les trois-quatre premières années de cette discipline...), son « confort personnel » compte énormément. Si le prof est sympa, que les cours sont ludiques, l'ambiance décontractée et motivante... La matière risque fort d'être appréciée par la suite. Si au contraire ils se passent mal... J'avoue aussi éprouver un profond désintérêt pour la géologie, encore aujourd'hui, alors que la biologie (enfin, certains chapitres au programme de l'année dernière et de cette année, comme le système nerveux et l'immunologie, par exemple) a fini par m'intéresser un minimum. J'ai aussi beaucoup aimé les cours sur les crises géologiques et l'évolution des espèces, parce qu'ils satisfaisaient ma curiosité en répondant (quoique partiellement, c'est vrai) à des questions que je me posais depuis très longtemps.
Ensuite... Je pense l'avoir déjà dit quelque part (un article récent, celui qui parle de l'Education qui 'part en vrille', je crois), mais je garde un bilan plutôt positif. Heureusement, les 'cas' parmi les profs que j'ai eu sont bien moins nombreux que ceux qui ont été efficaces. Efficaces, oui, c'est le mot. Malheureusement, presque aucun de mes profs de collège ne m'a laissé de souvenir aussi bon que certains de mes profs de lycée, mais c'était davantage dû à des problèmes de 'compatibilité humaine' qu'à leur capacité à bien enseigner.
En espérant vous avoir suffisamment éclairé,
Ju'.
16 juillet 2009
Parce qu'en 7 ans, j'ai aussi eu le temps de faire des c*nneries...
Hier, une de mes amies a commenté (par une célèbre messagerie instantanée dont nous tairons le nom...) mon blog qu'elle lisait pour la première fois : "C'est dingue, quand on te lit on a l'impression que tu es sage en cours, que tu bosses, que t'es l'élève parfaite quoi...". Prise de conscience, boum. Oui, parce que l'heure est grave, il y a tout un tas de détails dont je ne prend jamais la peine de parler... Rétablissons la vérité !
- J'ai attrapé la mauvaise habitude d'écrire en cours. Non, pas de prendre des notes. Ecrire. Une nouvelle, un portrait, un article, un réquisitoire, une lettre. Pendant quels cours ? Ca peut me prendre n'importe quand. (Sauf en maths, et en anglais xD) L'année dernière, c'était un reflexe d'écrire ma correspondance en cours de français, mais cette discipline ayant été remplacée par la philosophie, et la prof parlant à la vitesse d'un TGV, j'ai du rendre cette habitude moins fréquente. Cela dit, elle a persisté, en allemand, histoire (ça ne m'empêche pas d'écouter ses betises...), svt, physique-chimie...
- L'année dernière, en français, il nous arrivait de faire des compétitions de rubix'cube dans le fond de la salle. Je sais, pour des S, ça fait cliché...
- En parlant de livre, depuis que j'ai compris que mes voisins avaient toujours le leur, je n'amène jamais les miens. Certains ne sont pas sortis du placard depuis l'achat. A se demander pourquoi je les ais achetés...
- J'ai été une bavarde invétérée pendant mes années collèges. Vous savez, ces pipelettes que vous avez envie de jeter par la fenetre ? Celles que vous déplacez aux quatre coins de la salle et qui, même isolées, parlent encore ? Bah voilà, c'est moi.
- Je suis le genre de déléguée qui pique un fou rire en conseil de classe sans même savoir pourquoi, et qui défend bec et ongles ses camarades.
- J'étais guide à la journée portes ouvertes. Quand un élève m'a demandé de donner un mot qui décrivait mon année de seconde, j'ai répondu "marrante".
- En cours, notre jeu préféré était le Loto. Vous savez, on donne une liste de mots et le but est d'en sortir un maximum pendant l'heure ? Bah voilà. Nombre de mes profs ont eu droit, en plein cours, à "Lors de la révolution industrielle, la vente de métallurgie a beaucoup augmenté, on fabriquait même des... papillons !" On s'est même dit une fois qu'on devrait inciter les profs à jouer. --'
- Sur trois ans de latin, j'en ai passé deux à copier joyeusement sur ma voisine à chaque DS. Je n'apprenais jamais mes cours mais j'avais "l'intuition" pour les versions, alors je la laissais les copier en échange...
- En classe de troisième, j'ai volontairement raté l'entretien d'entrée en classe européenne, par pur désir de rebellion (stupide, je suis d'accord). Mais on m'avait pas demandé mon avis pour m'y présenter, et je n'avais pas envie de travailler plus que necessaire, alors je n'ai pas prononcé un mot de tout l'entretien.
- Le 1er avril, nous avons "joué", lors du cours de Monsieur Compas, à tous nous décaler d'une place à chaque fois qu'il se retournait. Il a mis de longues, longues minutes à se rendre compte que le premier rang avait changé de tête...
- Quand j'étais en cinquième, mon prof de physique était tellement passionant que notre jeu favori consistait à sortir de la salle par la porte de derrière sans se faire remarquer.
Je m'arrête là, je n'en ai plus en tête...
Certes le rythme ralentit (faute de cours, bien sûr, j'ai moins d'idées...), mais je n'abandonne pas Danslecoin. Mes vacances ont bien commencé, je ne pars pas encore, et je n'ai (de façon définitive...) pas eu l'internat pour l'année prochaine. Tant pis, je vivrai dans un studio, au sein d'un foyer pour étudiants. Bonnes vacances à ceux qui partent !

